Pour cette journée mondiale de l'environnement, nous avons échangé avec Côme de Chauliac, membre de l'Advisory Board de Propizi, expert en logiciel et infrastructure IT, mais également animateur pour la fresque du climat et féru de transition écologique.

"Propizi est concrètement le genre d’outil métier qui s’intègre dans une politique d’usage IT intelligente et qui prend en compte, l’humain, l’organisation pour conjuguer pragmatisme et impact environnemental."

 

On te laisse tout d’abord quelques mots pour te présenter

Je m’appelle Côme de Chauliac, je suis membre du board de Propizi. Je suis par ailleurs chef d’entreprise depuis quelques mois, après avoir passé une petite quinzaine d’années dans l’industrie du logiciel et infrastructure IT à gérer des contrats de cloud, software, hardware et services pour des grands groupes. En plus de tout cela, je suis également animateur pour la Fresque du Climat et membre de l’ESCP Transition Network qui est un réseau d’élèves, professeurs et Alumni de l’ESCP convaincus de l’urgence environnementale et qui désirent s’engager bénévolement pour agir en faveur de la transition écologique.

Pour cette journée mondiale de l’environnement, quel est ton regard sur l’avènement du Green-IT ?

Le Green IT est un sujet aussi passionnant que paradoxal. Féru de technologie, je suis convaincu que la tech peut avoir des effets très positifs sur l’environnement. Dans le même temps, je reste très prudent sur ce sujet. En effet, si l’on peut entendre de nombreux spécialistes et experts s’exprimer depuis le début de la crise sanitaire sur les bienfaits du digital pour réduire la consommation de papier ou encore diminuer les déplacements grâce à la visio, la vision me semble assez biaisée puisque selon moi, tout est une question de consommation d’énergie. Or, ces outils et logiciels sont de plus en plus consommateurs d’énergie, et par conséquent polluent de plus en plus. Le cloud est l’illustration parfaite de ce paradoxe, avec des géants du secteur qui communiquent à foison sur un cloud durable et écologique, sur des investissements dans le développement de datacenters innovants fonctionnant avec des énergies renouvelables, etc. Sauf qu’au final, la stratégie de ces acteurs demeure de développer, multiplier et étendre l’usage du cloud à un maximum de personnes en favorisant des modèles commerciaux parfois discutables. Il est donc certain que ces stratégies ne pourront, en l’état, donner lieu à une diminution de la consommation d’énergie ou des matériaux.

A t’écouter, on peut se demander si le Green-IT existe vraiment ?

Si je ne crois pas énormément à une notion de Green-IT centrée autour de la technologie, je suis en revanche convaincu qu’un Green-IT qui placerait l’humain, la société et les organisations en son centre aurait de nombreux effets vertueux pour l’environnement.

As-tu des exemples pour illustrer ce Green-IT plus humain ?

Oui, on voit certaines entreprises tech adopter – notamment pour des questions de reporting et relations investisseurs - une démarche RSE/ESG complète, associée à une politique d’usage et d’achat IT repensée écologiquement, plus responsables. La commande publique est un autre très bon exemple, puisque la place grandissante qu’est amené à prendre le développement durable dans les critères d’attribution va permettre de généraliser le Green-IT et favoriser le bon sens pour la société et l’environnement dans les stratégies d’acquisition d’IT.

L’adoption d’une vision plus humaine du Green-IT passe donc nécessairement par le législateur ?

Je ne l’espère pas ! Les entreprises pourraient être surprises par les économies générées par ce type d’approche car nous sommes loin de l’exemple du pain bio qui coûte forcément plus cher que le pain industriel. Adopter une approche humaine et pragmatique, c’est avant tout : acheter moins d’outils IT inutiles et rationnaliser son usage de la technologie. Mathématiquement, cela réduit l’addition et consomme moins d’énergie. Cela paraît limpide.

Pourquoi ces démarches peinent-elles à se démocratiser ?

Tout d’abord, et sans m’étendre sur le sujet, il faut reconnaître que les éditeurs ne facilitent pas la tâche aux entreprises avec des stratégies de licensing complexes poussant à la consommation. Plus généralement, l’exercice requiert des ressources et une certaine organisation pour définir une politique, mais aussi la diffuser et la faire appliquer au sein de l’entreprise. Pour cela, selon moi, il n’y a rien de mieux que de les former, ou au moins de les informer. La Fresque du Climat ou encore la Fresque du numérique proposent, entre autres, des offres très intéressantes sur le sujet.

Pour terminer, quid du rapport entre Propizi et le Green-IT ?

Propizi est un logiciel de réponse à appels d’offres distribué en SaaS, et par conséquent : du cloud, un outil de plus qui consomme de l’énergie. Toutefois, Propizi est un bon exemple des bonnes pratiques qui peuvent être mises en place par un éditeur de logiciel en SaaS :

  • Tout d’abord, il s’agit d’un logiciel de proposal management qui a été bien pensé par ses créateurs (avec quelques suggestions des membres du board) pour minimiser son empreinte et sa consommation de cloud via une optimisation du stockage des données, une recherche d’une compression maximale ou encore la priorisation de technologies peu énergivores ;
  • Par ailleurs, au-delà de ces principes d’éco-conception de la solution, la proposition de valeur de Propizi consiste à optimiser les moyens, processus et méthodes de réponse aux appels d’offres et RFP. Ainsi, pour une société qui se demande comment gagner un appel d'offres ? ou comment optimiser ses processus de réponse à appels d'offres ? La réponse de Propizi est efficace : au lieu d’utiliser une multitude d’outils IT différents, de faire des joutes d’emails multidestinataires, de constituer une vingtaine de versions du même document ou encore de se perdre dans l’organisation des équipes et de consommer un maximum de temps et d’énergie, une entreprise peut canaliser ses efforts et ses ressources.

En somme, Propizi est concrètement le genre d’outil métier qui s’intègre dans une politique d’usage IT intelligente et qui prend en compte, l’humain, l’organisation pour conjuguer pragmatisme et impact environnemental.